QUE FAUT-IL PENSER DES PLANTATIONS EN ESPAGNE ?

L’Espagne a récolté l’an dernier 61 160 tonnes d’amandons, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente d’après l’organisation nationale des fruits secs. Ces plantations peuvent elles déstabiliser le marché et entraîner une chute des cours ? Nous ne le pensons pas, pour plusieurs raisons.

La première est que, contrairement aux apparences, le volume reste très faible : sur un marché mondial de l’ordre de 1,25 millions de tonnes, la production espagnole représente moins de 5%. Même en doublant les surfaces, comme le marché augmente, la part de marché Espagnole restera inférieure à 10%

La seconde tient au marché français. Les acheteurs trouvent de l’amande, de qualité variée, en quantité suffisante, mais pas de l’amande française. Le prix cible que nous avons fixé (9 -10 €) a été validé avec des acheteurs français, qui n’achèteront qu’une petite partie de leur consommation à ce prix-là. La France a importé l’an dernier 38 000 tonnes d’amandons d’après les statistiques des douanes. Lorsque tous nos vergers seront à maturité, nous ferons donc à peine 5 % du marché français, nous limitant au segment « premium ». Sur ce segment, la certification française est déterminante et nous protège des importations espagnoles ou autres. Les acheteurs achètent de l’amande espagnole ou italienne précisément parce qu’ils ne trouvent pas de française. Mais lorsque l’offre française fera 5 % du marché, 95 % de la consommation sera toujours importée à moindre coût, et pas forcément d’Espagne puisque les Etats Unis restent et resteront longtemps les premiers producteurs mondiaux.