La culture de l’amandier

par | Avr 26, 2022 | Agronomie

Prunus dulcis

L’amandier (Prunus dulcis) est un arbre fruitier appartenant au genre Prunus comme le pêcher, le cerisier et le prunier. Il est historiquement cultivé en région méditerranéenne, sur les terrains pauvres en raison de sa résistance à la sècheresse et à la chlorose en sols calcaires. Cependant sa floraison est précoce, fin d’hiver, ce qui le rend sensible au gel. C’est aussi un arbre sensible à l’asphyxie racinaire.

Pour qu’un verger soit rentable il faut limiter les alternances de rendements entre les années et garantir une bonne fructification grâce à l’irrigation (les besoins en eau sont entre 2000 et 4000 m3/ha selon les contextes pédoclimatiques) et la pollinisation.

Irrigation de l’amandier

L’amandier est un arbre qui, traditionnellement, dans nos contrées provençales ou occitanes n’était pas irrigué. C’était un arbre complanté souvent dans les parcelles de blé ou avec la vigne et l’olivier, alors qu’on le trouvait surtout dans les parcelles difficiles impropres aux cultures. S’il produisait une année, c’est-à-dire qu’il n’avait pas gelé et n’était pas limité par le phénomène de l’alternance, c’était un plus pour la ferme et la production. Mais comme toute culture méditerranéenne la récolte devenait abondante en cas d’année pluvieuse.  En agronomie on parle de résilience de l’arbre et de forte adaptation au climat.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire notre article détaillé sur les besoin en eau des amandiers

Eurytoma

La guêpe de l’amandier, E. amygdali, est un ravageur majeur de la culture de l’amandier. Il est connu depuis longtemps au Proche Orient et en Europe orientale. Il a d’abord été identifié sur des amandiers de Bulgarie puis successivement de Syrie, Jordanie, Liban, Turquie, Grèce, et ex-Yougoslavie. 

Sa présence en France n’a été détectée pour la première fois qu’en 1981 dans un verger d’Auriol dans les Bouches-du-Rhône, mais également dans le Var. Actuellement, la guêpe recouvre l’ensemble du pourtour Médittérannéen français. Sa présence n’a pas encore été détectée en Corse .E. amydali est un insecte hyménoptère qui appartient à la superfamille des Chalcldoldea. Il mesure entre 7 à 8 mm pour la femelle et 4 à 6 mm pour le mâle. On observe chez l’insecte un dimorphisme sexuel marqué, caractérisé par la taille de l’abdomen qui est bien plus importante chez la femelle que chez le mâle, ou par les antennes. Sa couleur va de noir à brun foncé.

Femelle adulte Eurytoma amygdali, CTIFL
Accouplement d’Eurytoma amygdali femelle en bas et mâle en haut, en captivité. (H.DUMAS)

Le cycle de cet insecte univoltin (une génération par an) se caractérise par une émergence des adultes mi-avril en France, mais peut varier selon les conditions climatiques. L’accouplement et la ponte ont lieu rapidement après l’émergence. Grâce à son oviscapte, la femelle perce le péricarpe et l’endocarpe de l’amande jeune (avant que l’amande soit dure) et dépose, à chaque fois qu’elle répète l’opération, un seul œuf.

Tous les stades immatures de la guêpe de l’amande ont lieu dans le tégument de la graine de l’amande. La période d’incubation de l’œuf dépend de la température et va de 5 jours à 25 °C à 17 jours à 15°C. 

La larve éclot par la suite fin mai, se nourrit de l’embryon et des cotylédons de l’amande ce qui permet son développement. Vers fin juillet, la larve termine son développement et entre en diapause.

La nymphose débute en hiver à l’intérieur du fruit et peut durer jusqu’à deux ou trois hivers selon les conditions climatiques. La durée de cette nymphose est estimée à 30 jours, entre le stade larvaire et adulte prêt à éclore. 

E. amygdali peut ainsi complétement infester les vergers , et rendre incomestible les amandes.

Les moyens de lutte sont existants sont la prophylaxie (enlever les amandes contaminées au verger et dans les amandiers sauvages autour de la parcelle), des luttes physiques (filet, argiles, ….). En termes de traitement phytosanitaires seul le Karaté Zéon® (lambda-cyhalothrine (100g/L). ) est autorisé . Cette substance active fonctionne par contact et ingestion sur un grand nombre d’insectes : elle pénètre dans la cuticule des insectes et provoque un dérèglement des canaux sodium.

Selon les années certaines produits homologués en bio sont autorisés (Spinosad par exemple), mais avec des résultats variables. Devant cette difficulté la Compagnie des Amandes a décidé de lancer une thèse dont l’objectif à termes est de trouver les molécules pertinentes pour mettre en place des pièges biocompatibles dans les vergers et limiter ainsi les traitements par insecticides (voir notre page ressources et publications).

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